******AVERTISSEMENT*******
Chaque personne réagit différemment face à toute sorte de situation. Tout n’est pas noir et tout n’est pas blanc. On réagit tous selon nos expériences, notre vécu. Je ne pose aucun jugement sur personne. J’exprime seulement comment moi je vois l’acceptation d’un diagnostic d’autisme chez les enfants. Bonne lecture et bon cheminement…. si ça peut vous servir…
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Lorsque nous annonçons à notre entourage que nous sommes sur le point d’avoir un enfant, la première chose que l’on se fait souhaiter, c’est que cet enfant soit en santé. Tout au long de la grosesse, on s’assure par différents examens que tout est normal, que notre bébé se développe normalement. À l’accouchement, une fois le bébé né, on regarde s’il respire bien, s’il a tous ses membres. Une fois l’examen du médecin complété, on est heureux d’apprendre que tout va pour le mieux.
Les jours, les semaines, voire les mois passent sans que nous nous doutions de quoi que ce soit. Quand certains retards apparaissent dans le développement de notre enfant, on se dit que c’est peut-être normal, que ça va finir par débloquer, que chaque individu va à son rythme. Or, avec le temps, on voit bien que quelque chose d’anormal se passe. Et là le jugement des autres commence et nous affecte. Certains diront que tout va bien, qu’on ne devrait pas s’en faire, d’autres diront que nous devrions consulter pour nous en assurer.
En tant que parents, juste de penser que notre enfant n’est pas comme les autres, c’est un choc. Est-ce que ma fille va finir par parler un jour?
Va-t-elle avoir des amis? Va-t-elle être rejetée? Sera-t-elle intégrée dans un milieu adapté ou intégré dans la société dite normale? Autant de questions sans réponse qui nous boulversent. Ça ne peut pas nous arriver à nous… C’est impossible… Notre autre enfant est normal…pourquoi elle?
Vous savez quoi, c’est une réaction tout à fait normal et correcte. On veut toujours le meilleur pour notre enfant. Le contraire serait surprenant, pour ne pas dire anormal. Toutefois, il est important de se rendre à l’évidence. Quand on a des doutes sur le développement de notre enfant, il faut consulter. Il faut se renseigner, peu importe ce que l’entourage en pense, peu importe leurs réactions. En tant que parent, il est de notre devoir de s’assurer que notre enfant se développe normalement.
Advenant que le diagnostic fatal tombe, soit celui que notre enfant est TED ou autiste, il est évident que nous devons faire en quelque sorte le deuil que notre enfant ne sera pas comme les autres, à différents degrés. Ça fait mal, j’en conviens. Mais il faut le faire. Dans un premier temps, pour l’intérêt de l’enfant et ensuite pour votre intérêt. Je m’explique. Une fois que nous acceptons le verdict, nous sommes prêt à tout mettre en oeuvre pour fournir à cet enfant tous les outils nécessaires pour son apprentissage de la vie en tant qu’autiste. Ce qui en soit est un immense défi. Si nous n’acceptons pas le diagnostic (et je ne juge personne ici), il sera difficile d’affronter les nombreux obstacles qui se pointeront sur notre chemin (Lire texte sur Recherche de services).
L’enfant autiste a besoin d’être appuyé. C’est très exigeant pour les parents, mais si nous ne le faisons pas, qui le fera? Certainement pas la société qui ne voit pas d’un bon oeil ces êtres différents. Et dans bien des cas, surtout pas la famille qui eux préfèrent souvent dire que nous sommes trop protecteurs ou encore qui refusent carrément de voir l’autisme, par peur ou crainte de l’inconnu. Encore une fois, je ne juge pas. Je peux comprendre la réaction des gens. Ce qui compte toutefois, c’est de passer à l’étape suivante. C’est-à-dire ACCEPTER que notre enfant soit autiste. Ça fait très mal, mais par la suite on se sent beaucoup mieux et surtout prêt à tout pour notre enfant.
Ça change une vie c’est certain. Mais chaque nouveau petit geste que ma puce accomplit à chaque jour devient une grande victoire. On doit s’adapter à elle, on n’a pas le choix si on veut qu’elle évolue le plus normalement possible. On fait face à des préjugés, à des critiques. Mais si dans notre tête on vit bien avec cela, on finit par s’en sortir au lieu de s’enfoncer. Il faut se mettre nos propres barrières et ne rien tolérer qui va au-delà de nos valeurs. Ma façon à moi c’est de vivre le moment présent. Rien ne sert de se projeter trop loin dans le temps. À quoi bon penser ce que ma fille aura l’air dans 10, 15 ou 20 ans, si je n’arrive pas à l’aider aujourd’hui. Chaque chose en son temps. Autrement, on risque d’être malheureux et de ne pas saisir les beaux moments de la vie. Ma fille m’offre malgré tout plein de moments de bonheur. Il faut que j’en profite. Trop souvent ma routine quotidienne m’éloigne d’elle. Mais heureusement, ma conjointe me ramène à l’ordre pour que je savoure davantage de bons moments avec ma fille.
Combien de personnes avons-nous déjà rencontrées qui disaient: “Moi dans 10 ans je ferai ceci ou cela…” Dans la plupart des cas ça n’arrivait jamais. Pis en plus, ces personnes passaient à côté de beaux moments présents. Je ne veux pas être fataliste, mais avec les autistes il faut vivre une heure à la fois car on ne sait pas si la prochaine nous fera vivre un enfer ou un moment de plaisir. C’est faut de dire que c’est toujours l’enfer, mais on est loin du développement normal d’un enfant.
À la base, un parent doit protéger son enfant (dans la mesure du possible) contre les malheurs de la vie. Et parfois, on ne peut empêcher que ça arrive. Notre enfant vient donc chercher du réconfort, de l’appui et des conseils auprès de nous les parents, pour essayer de s’en sortir par lui-même. Or un enfant autiste ne fait pas ça. Si on accepte pas l’autisme de notre enfant, comment ferons-nous pour la protéger, pour lui fournir un milieu sain à son développement?
En voici un exemple très simple. Nous sommes présentement à se demander à quelle école notre fille ira en septembre. J’ai donc contacter la Commission scolaire pour voir les différentes alternatives: accompagnement dans une école normale, école semi-spécialisée ou école adaptée et spécialisée? Nous avons visité ces écoles une après l’autre. J’ai discuté des modalités d’inscription auprès de la conseillère pour vérifier si nous avions le droit de choisir en fonction des besoins de notre fille. Elle m’a confirmé que oui car nous étions les mieux placés pour juger de ce qu’elle avait vraiment besoin. Mais qu’elle fut ma surprise quand elle me dit que très peu de parents entreprennent ce genre de démarches. Que plusieurs se contentent d’envoyer leur enfant dans une école sans même évoquer le fait que leur enfant soit autiste.
Je ne veux surtout pas juger qui que ce soit. Pour ma part, je n’aurais jamais été capable d’envoyer ma fille dans un milieu que je n’ai pas visité dans un premier temps. Je l’ai fait avec ma conjointe pour nous assurer qu’elle aura tout pour bien se développer. C’est évident que je ne peux totalement contrôler ce qui s’y déroulera, mais on moins, j’aurai fait le maximum parce que je sais et surtout parce que j’accepte qu’elle soit autiste.
Après tout, elle est de ma chair et de mon sang…. peu importe qu’elle soit ou non dans ce qu’on appelle la “normalité” de notre société. Elle est différente et c’est tant mieux. Des fois, d’être normal ça fait encore plus mal…